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Sa main, tremblante d'émotion, donnait la communion aux fidèles qui s'étaient confessés en attendant l'heure favorable; puis toutes ces âmes s'en allaient consolées et fortifiées.
Les paroisses de Parthenay, de Romillé, de Gévezé, de Pacé et de Saint-Gilles éprouvèrent surtout les bienfaits de son zèle apostolique et en gardent encore de précieux souvenirs. Les meilleures familles de ces paroisses doivent la conservation de leur foi au dévouement inépuisable de l'abbé Chilou. (Manusc. de l'abbé Guihard, reproduit par G. de Corson.)
Mais cet admirable dévouement devait recevoir une couronne que les saints envient à juste titre. Un dénonciateur fit connaître aux agents du district de Montfort que M. Chilou se trouvait sur le territoire de Saint-Gilles, que, dans le jargon révolutionnaire, on nommait Bourg-Gilles à cette époque.
Un détachement de la garnison de Montfort-la-Montagne - comme on disait alors - fut expédié immédiatement de ce côté et l'on organisa une battue générale : pas une maison qui ne fut fouillée jusque dans ses plus secrets réduits.
L'abbé Chilou n'eut pas le temps d'échapper à cette perquisition si minutieuse. Il fut découvert, à trois heures du matin, caché à la ferme

du Bas-Monclair, chez un nommé François Louessart, qui avait été dénoncé comme " receleur de prêtres réfractaires et les laissant célébrer la messe dans sa demeure ", ce qui lui mérita d'être emmené prisonnier avec celui auquel il donnait asile (1).

Malheureusement, nous n'avons pu retrouver jusqu'ici le procès-verbal de l'interrogatoire que subit l'abbé Chilou devant les administrateurs du district de Montfort, ville où il fut conduit aussitôt son arrestation. Seul l'interrogatoire de Louessart nous a été conservé, mais il ne nous apprend rien qui vaille d'être relaté.

De Montfort, les prisonniers furent dirigés sur Rennes. On leur adjoignit Mme de Bedée, du Moulin-Tizon. Voici la reproduction de: leur ordre d'écrou à la

Porte Saint-Michel, alors dénommée la Porte-Marat :

" Gardien, tu es par moi soussigné, commandant le détachement du bataillon Marat, en vertu des ordres du citoyen Alliou, substitut de l'agent national de Montfort-la-Montagne, en date du 30 messidor dernier, chargé des personnes des nommés Françoise Brunet, femme Alexis Bedée, ex-noble; Michel Chilou, ex-prêtre de la commune de Rocaille et de François Louessart, de la commune de Bourg-Gilles..... "

A Rennes, le Ier thermidor an II (28 juillet 1794).

Signé : QUESNAY, capitaine.

En marge, on lit : " Françoise Brunet, femme Bedée, et Michel Chilou, prêtre, exécutés le 8 thermidor an II (26 juillet 1794). "

Traduit cinq jours plus tard devant le Tribunal criminel d'Ille-et-Vilaine, l'abbé. Chilou n'avoua que ce qu'il pouvait dire sans compromettre personne. Deux jours après, bien qu'il n'y eût aucune connexion entre leurs affaires, les juges rennais englobèrent dans un même jugement, portant condamnation capitale, le prêtre Chilou, le prêtre Tostivînt et M. et Mme de Bedée, François Louessart, le receleur involontaire de M. Chilou, en fut quitte pour quelques mois de détention.