du Bas-Monclair, chez un nommé François
Louessart, qui avait été dénoncé
comme " receleur de prêtres réfractaires et les
laissant célébrer la messe dans sa demeure ",
ce qui lui mérita d'être emmené
prisonnier avec celui auquel il donnait asile (1). Malheureusement, nous n'avons pu retrouver jusqu'ici le
procès-verbal de l'interrogatoire que subit
l'abbé Chilou devant les administrateurs du district
de Montfort, ville où il fut conduit aussitôt
son arrestation. Seul l'interrogatoire de Louessart nous a
été conservé, mais il ne nous apprend
rien qui vaille d'être relaté. De Montfort, les prisonniers furent dirigés sur
Rennes. On leur adjoignit Mme de Bedée, du
Moulin-Tizon. Voici la reproduction de: leur ordre
d'écrou à la Porte Saint-Michel, alors dénommée la
Porte-Marat : " Gardien, tu es par moi soussigné, commandant le
détachement du bataillon Marat, en vertu des ordres
du citoyen Alliou, substitut de l'agent national de
Montfort-la-Montagne, en date du 30 messidor dernier,
chargé des personnes des nommés
Françoise Brunet, femme Alexis Bedée,
ex-noble; Michel Chilou, ex-prêtre de la commune de
Rocaille et de François Louessart, de la commune de
Bourg-Gilles..... " A Rennes, le Ier thermidor an II (28 juillet 1794). Signé : QUESNAY, capitaine. En marge, on lit : " Françoise Brunet, femme
Bedée, et Michel Chilou, prêtre,
exécutés le 8 thermidor an II (26 juillet
1794). " Traduit cinq jours plus tard devant le Tribunal criminel
d'Ille-et-Vilaine, l'abbé. Chilou n'avoua que ce
qu'il pouvait dire sans compromettre personne. Deux jours
après, bien qu'il n'y eût aucune connexion
entre leurs affaires, les juges rennais englobèrent
dans un même jugement, portant condamnation capitale,
le prêtre Chilou, le prêtre Tostivînt et
M. et Mme de Bedée, François Louessart, le
receleur involontaire de M. Chilou, en fut quitte pour
quelques mois de détention.